Ce que le contrôle technique vérifie, point par point
Un contrôle technique de voiture particulière porte sur 133 points de contrôle, répartis en 9 fonctions. Le contrôleur ne démonte rien et n'ouvre pas le moteur : il contrôle en l'état, à vue, au banc et à l'analyseur.
Cette page décrit ce qui est regardé dans chaque fonction et avec quel moyen. C'est la liste des points de contrôle — pas celle des défauts.
Vous cherchez la liste des défauts ? Les points de contrôle et les défaillances sont deux listes différentes, et c'est la seconde qui figure sur votre procès-verbal. Les 129 défaillances critiques, avec leur code officiel et le niveau de chacune, sont sur défauts majeurs et critiques.
Points de contrôle et défaillances : la distinction qui éclaire tout le reste
C'est la confusion la plus répandue sur le sujet, et elle est logique : les deux listes portent les mêmes numéros de fonction.
- Un point de contrôle est un endroit que le contrôleur doit regarder. Il y en a 133, et ce nombre bouge très peu.
- Une défaillance est un constat possible à cet endroit, avec son niveau de gravité. Il y en a plusieurs par point, et c'est de celles-là que se compose un procès-verbal.
Autrement dit : les 133 points disent ce qui est examiné, les défaillances disent ce qui peut être reproché. Le compte des points reste stable réforme après réforme ; ce qui s'allonge, c'est la liste des défaillances rattachées à ces points.
Les 9 fonctions, et le moyen de contrôle de chacune
1. Identification du véhicule
Plaques, numéro de série (VIN), correspondance avec la carte grise. À vue, et par comparaison documentaire. Un numéro illisible ou incohérent bloque tout le reste : c'est la première chose contrôlée. C'est aussi dans cette fonction que se vérifient les rappels constructeur, depuis le 1er janvier 2026.
2. Équipements de freinage
Efficacité, équilibre entre les roues d'un même essieu, frein de stationnement, état des disques, plaquettes, flexibles, absence de fuite. Au banc de freinage, pour les mesures d'efficacité et de déséquilibre, et à vue pour l'état des organes. C'est la fonction qui produit le plus de contre-visites, et celle qui concentre le plus de défaillances critiques.
3. Direction
Volant, colonne, crémaillère, rotules, biellettes, jeu dans les articulations, assistance. À vue et à la main, véhicule sur fosse ou sur pont, avec mise en charge des articulations à la barre.
4. Visibilité
Pare-brise — éclats et fissures dans le champ de vision du conducteur —, essuie-glaces, lave-glace, rétroviseurs, films et teintes. À vue, en se plaçant du côté conducteur : la zone balayée par les essuie-glaces est la seule qui compte pour un impact.
5. Feux, dispositifs réfléchissants et équipement électrique
Feux de croisement et de route, réglage des projecteurs, clignotants, feux de stop, antibrouillards, plaque éclairée, catadioptres, batterie et câblage. À vue, et au réglophare pour l'orientation du faisceau.
6. Essieux, roues, pneus, suspension
Usure et pression des pneus, homogénéité par essieu, indice de vitesse et de charge, jantes, amortisseurs, ressorts, roulements, bras de suspension. À vue, à la jauge de profondeur pour les sculptures, et sur plaques à jeux pour les articulations.
7. Châssis et accessoires
Corrosion perforante des éléments de structure, plancher, longerons, points d'ancrage, échappement, réservoir, attelage. À vue depuis la fosse, et au toucher sur les zones corrodées — c'est le contrôle le plus manuel des neuf.
8. Autres matériels
Ceintures et ancrages, sièges, avertisseur sonore, compteur de vitesse, dispositifs d'attelage, airbags. À vue et par essai de fonctionnement.
9. Nuisances
Émissions polluantes — la méthode diffère selon l'énergie —, opacité des fumées pour le diesel, niveau sonore, fuites de liquides. À l'analyseur de gaz pour l'essence, à l'opacimètre pour le diesel, au sonomètre pour le bruit. Le détail est sur le contrôle complémentaire anti-pollution.
Comment le contrôleur note ce qu'il trouve
À chaque point, le constat se classe à l'un de trois niveaux, et c'est ce niveau — non le nombre de défauts — qui décide de la suite :
| Niveau | Validité du contrôle | Contre-visite | Circulation |
|---|---|---|---|
| Mineure | 2 ans | non | autorisée |
| Majeure | 2 mois | obligatoire dans les 2 mois | autorisée pendant ces 2 mois |
| Critique | le jour du contrôle | obligatoire dans les 2 mois | interdite dès le lendemain |
Sur le procès-verbal, chaque défaillance porte un code de la forme fonction.ensemble.point.constat.niveau — par exemple 5.2.3.e.3. Le dernier chiffre donne le niveau : 1 pour mineure, 2 pour majeure, 3 pour critique.
Un seul constat critique suffit à immobiliser le véhicule le lendemain : le niveau retenu est toujours celui du défaut le plus grave. Le détail de chaque code, et la liste complète des 129 défaillances critiques, sont sur défauts majeurs et critiques. Ce qui est recontrôlé ensuite, et à quel prix, est sur la contre-visite.
133 points, et pas 134 : pourquoi les rappels ne changent pas le compte
La question se pose légitimement depuis janvier 2026, et la réponse tient à la façon dont le texte est construit.
Le contrôle des rappels constructeur n'a pas été ajouté comme point de contrôle : il a été ajouté comme défaillance, sous le code 0.7.1.a.3, dans la fonction identification du véhicule qui existait déjà. Le compte officiel publié par l'administration reste donc de 133 points répartis en 9 fonctions.
C'est l'illustration exacte de la distinction posée plus haut : la réforme a allongé la liste des défaillances sans toucher à celle des points.
Ce qui change depuis le 1er janvier 2026 : les rappels constructeur
C'est la modification la plus importante depuis des années, et elle est peu connue. L'arrêté du 8 décembre 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, ajoute au contrôle une vérification qui ne porte pas sur l'état du véhicule : le contrôleur vérifie si le véhicule fait l'objet d'un rappel constructeur, et en particulier d'un rappel grave.
Trois conséquences concrètes :
- Un défaut critique existe (code
0.7.1.a.3) : il vise le véhicule visé par un rappel grave pour lequel le constructeur a demandé l'arrêt immédiat de l'utilisation, et dont la réparation n'a pas été faite. - Si le rappel est grave sans arrêt d'utilisation demandé, le procès-verbal porte une simple mention, avec le code du rappel et sa description.
- Les coordonnées du propriétaire sont collectées — nom, prénom, adresse postale, adresse e-mail, téléphones fixe et mobile. Elles sont transmises à l'organisme technique central, qui les communique au constructeur lorsqu'un rappel grave n'a pas été réparé. Une notice sur les droits du propriétaire figure au procès-verbal.
Le contrôle technique sert donc aussi à retrouver les véhicules rappelés qui échappent aux campagnes des constructeurs. C'est utile, et c'est un traitement de données personnelles nouveau, dont il vaut mieux être informé avant de se présenter au centre. Le détail est sur contrôle technique et rappels constructeur.
Ce que le contrôle ne vérifie pas
Le malentendu le plus fréquent. Le contrôle technique n'est pas une révision :
- il ne juge ni l'usure de l'embrayage, ni l'état de la boîte, ni celui du moteur au-delà des émissions ;
- il ne garantit pas la fiabilité du véhicule après le contrôle ;
- il ne vaut pas expertise pour un achat — un véhicule peut passer le contrôle et coûter cher trois mois plus tard.
Un contrôle favorable dit une chose et une seule : au jour du contrôle, aucune défaillance majeure ni critique n'a été relevée sur les 133 points. C'est pourquoi un acheteur d'occasion a intérêt à lire le procès-verbal ligne à ligne plutôt que sa seule conclusion — voir contrôle technique et vente.
Les mêmes 133 points partout, pas le même prix
Le contrôle est identique dans tous les centres : même agrément d'État, mêmes points, même nomenclature de défaillances. Ce qui change d'un centre à l'autre, c'est le tarif — 80 € en médiane sur les 6 105 prix relevés dans les 6 140 centres agréés.
- Prix du contrôle technique, département par département
- Trouver un centre agréé
- Périodicité : quand le passer, par type de véhicule
- Comment préparer son véhicule
Les véhicules de catégorie L — motos, scooters, quads, voiturettes — relèvent d'une nomenclature distincte, et seuls 1 040 centres y sont agréés, soit 16,9 % du parc : voir contrôle technique moto.
Sources. Service-Public, fiche F2878 « Contrôle technique d'une voiture particulière », vérifiée le 1er janvier 2026 — 133 points répartis en 9 fonctions, et définition des trois niveaux de défaillance · Arrêté du 18 juin 1991 modifié relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes, annexe I — nomenclature des points de contrôle et des défaillances · Arrêté du 8 décembre 2025 modifiant l'arrêté du 18 juin 1991, en vigueur au 1er janvier 2026 — vérification des rappels constructeur et défaillance 0.7.1.a.3 · Décret n° 2025-1180 du 8 décembre 2025 · Code de la route, articles L. 323-1 et R. 323-1 à R. 323-22. Le décompte de 129 défaillances critiques est celui des lignes de niveau 3 de l'annexe I pour les fonctions 0 à 8, transcrites sur notre page des défauts. Tarifs : DGCCRF, data.gouv.fr, Licence Ouverte 2.0, relevé du 14 octobre 2026.
mis à jour le 2026-10-13